En 2020, Ersa, la plus septentrionale des communes du Cap, compte 155 habitants permanents. Son territoire s’étend sur 2045 hectares (20, km²). Avec Rogliano , à l’est et Centuri, à l’ouest, la commune occupe un point stratégique, aux avants postes de la Corse abordée par le nord. Ersa était autrefois plus connue sous le nom d’Arsia, puis sous celui d’Erza. Elle compte six hameaux dont deux marines, deux églises, un couvent désaffecté et douze chapelles de hameau ou de montagne, plusieurs ruinées. Deux moulins à vent désaffectés sont non loin du « moulin Mattei ». Louis-Napoléon Mattei (1849 – 1907), le fondateur de la maison Mattei (apéritifs, dont le fameux Cap Corse), originaire d’Ersa, a racheté un des anciens moulins à vent entre Ersa et Centuri, pour en faire un moulin au nom de son entreprise. Il l’a transformé en bâtiment-objet publicitaire visible de la mer et de la terre. Aujourd’hui, propriété du Conservatoire du littoral, il est toujours beaucoup visité.

La première richesse de la commune est sa diversité géologique. Schistes, gneiss, amphibolites, pérodotites, serpentinites sont autant de minéraux qui se chevauchent dans le sous-sol du bout du Cap. D’anciennes carrières sont encore visibles. On y extrayait un marbre vert appelé le Verde Stella. L’antimoine a été une richesse industrielle de la commune. Une mine , non loin de la chapelle Saint-André, a été exploitée pendant 20 ans au début du XX e siècle. Au plus fort de sa production, elle employait une cinquantaine d’ouvriers. Une mine d’argent a aussi vu le jour à la même époque, mais son exploitation n’a guère duré.
Comme beaucoup de communes du Cap, les limites géographiques d’Ersa sont constituées de chaînons montagneux. Ils partent de la côte pour rejoindre le début de la dorsale du Cap. Au pied du Monte Maggiore (359 m) serpente la route desservant le sémaphore du Cap Corse, lieu stratégique. Le sentier des douaniers, parcouru, chaque année, par plusieurs milliers de randonneurs, passe non loin de là, venant de Macinaghju pour se terminer au port de Centuri.
La vie économique de la commune est principalement axée sur le tertiaire (tourisme). De nouveaux commerces ouvrent leurs portes durant l’été. Présence aussi d’une polyculture familiale et d’un élevage de chèvres pour la transformation du lait. Il existe aussi un petit artisanat local.
Depuis le début du XXIe siècle, le paysage communal se transforme rapidement avec, dans tous les hameaux, la restauration de plusieurs bâtisses très dégradées. L’industrie du bâtiment est particulièrement active sur le territoire.
Enfin, la recyclerie du nord du Cap y est installée (horaires d’ouverture dans la rubrique recycleries).
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À Ersa, la boussole s’affole et nous montre le nord. Le nord absolu de la Corse :

c’est ici, au point le plus septentrional de l’île, à la tour de Tollare précisément, qu’a commencé, en 1771, l’immense aventure du Plan Terrier. Elle va durer 25 ans et donner de la Corse une photographie de ce qu’elle est à la fin du XVIII e siècle.

Le petit port est bordé de magazini, où étaient entreposées barques et marchandises. Plus au nord, encore, l’île de la Giraglia. Elle ressemble à un énorme rhinocéros en train de prendre son bain, la corne pointée vers la terre. Derrière le port de Tollare s’élève doucement les collines du Cap. A deux kilomètres à vol d’oiseau se dresse le Monte Maggiore.

On y trouve une merveille naturelle : le socle hercynien de la fin de l’ère primaire s’y montre par endroit. La péridotite, roche du manteau primaire, minéral des profondeurs, affleure au bord de l’eau. Comme au premier matin du monde.

Source : Communauté des Communes du Cap Corse